La maladie devient parfois un sujet littéraire lorsqu’elle oblige à observer autrement le corps, les habitudes et les relations humaines. Dans Comment j’ai mangé mon estomac, Jacques A. Bertrand choisit précisément cette voie en racontant l’expérience du cancer avec un mélange d’humour, de lucidité et de distance.

Publié chez Juilliard en 2014, le livre s’appuie sur un parcours personnel difficile. Le narrateur est confronté à un cancer, puis découvre que son épouse souffre à son tour d’une tumeur au sein. Cette double expérience devient le point de départ d’une réflexion plus large sur la maladie, les comportements du patient et la manière dont les soignants accompagnent ceux qui traversent cette période.

Parler de la maladie autrement

Jacques A. Bertrand ne transforme pas son sujet en récit purement médical. Le livre s’intéresse autant aux émotions, aux réactions et aux interrogations qu’aux événements eux-mêmes. Plusieurs dimensions structurent ainsi le récit :

  • La perception d’un corps qui devient soudain source d’inquiétude.
  • Les réactions du patient face aux examens et aux traitements.
  • Le comportement du personnel soignant.
  • La présence de l’humour dans une situation difficile.
  • Les questions provoquées par des mois d’incertitude.

L’auteur décrit cette période sans chercher à dramatiser constamment son expérience. La source insiste au contraire sur un récit sans complaisance ni désespoir, où les moments de détresse peuvent coexister avec une forme de grâce et d’humanité.

Cette manière d’écrire correspond à une caractéristique plus générale de son œuvre : l’humour y reste étroitement associé à une attention particulière portée à la langue et à la littérature.

Jacques A. Bertrand

Né à Annonay en 1946, Jacques-André Bertrand a travaillé comme journaliste professionnel pendant une douzaine d’années. Il a également participé à l’émission de France Culture Des Papous dans la tête et publié une vingtaine de livres, principalement des romans.

Sa bibliographie comprend notamment Le Pas du loup, récompensé par le Prix de Flore, J’aime pas les autres, lauréat du Prix Georges Brassens, et Les Autres, c’est rien que des sales types, qui a reçu le Grand Prix de l’humour noir.

Dans Comment j’ai mangé mon estomac, Jacques A. Bertrand applique ce même regard à un sujet intime et difficile, transformant l’expérience de la maladie en réflexion sur le corps, la fragilité et les relations entre ceux qui souffrent et ceux qui les accompagnent.